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 Jay WortmanProfil : Dr. Jay Wortman

Un médecin combat le diabète grâce à un régime traditionnel autochtone

Le Dr. Jay Wortman, un médecin métis œuvrant à Santé Canada, savait que ses ancêtres autochtones s’alimentaient bien. Après tout, ils ont survécu des millénaires en suivant le même régime alimentaire. Toutefois, de nos jours, les collectivités autochtones ont remplacé ce régime local sain par un régime importé comprenant beaucoup d’aliments transformés.

Étant donné que le peuple autochtone souffre du diabète dans une plus grande mesure que le reste de la population canadienne, Jay a décidé de revenir en arrière dans le temps pour voir comment il réagirait si il suivait l’ancien régime.

Ancien régime Atkins

L’ancien régime était principalement constitué de gibier et de fruits de mer, en plus de quelques plantes sauvages comestibles, un régime élevé en matière grasse mais très bas en féculents et en sucre. Jay en connaît l’équivalent moderne.

Des régimes faibles en féculents, ou régimes cétogènes, comme celui du Dr Atkins, fonctionnent selon le principe que les féculents sont les macronutriments dont nous pouvons nous passer. Lorsque nous limitons la consommation de féculents, et ce sous un certain seuil, notre foie produit de la cétone, une source d’énergie de rechange pour notre corps.

Jay affirme : « J’ai appris que les régimes cétogènes semblent particulièrement bénéfiques pour les gens qui ont développé une résistance à l’insuline. Nous savons qu’il s’agit d’un problème important dans la population autochtone. »

Pour les personnes qui souffrent du diabète de type 2, un tel régime offre une façon différente de remplacer le sucre et les féculents traités, qu’ils mangeaient autrefois, par des aliments qui rassasient, ce qui baisse le niveau de sucre dans le sang et donne assez d’énergie pour fonctionner normalement.

« Ce régime a été étudié
dans plusieurs contextes,
mais il s'agit d'une première
au sein d'une population
autochtone.»

S’alimenter comme leurs ancêtres

Jay a décidé de mettre son idée à l’essai à la baie Alert sur L’île Cormorant Island - une petite île près de la côte de l’Île de Vancouver où vivent les membres de la Première nation Namgis.

« Ce régime a été étudié dans plusieurs contextes, mais il s’agit d’une première au sein d’une population autochtone. Je voulais mener l’étude dans une région où je pouvais travailler avec l’ensemble de la collectivité; j’ai donc eu ma chance auprès de la Première nation Namgis. »

Le régime était simple. Il ne fallait pas compter les calories ou éviter les aliments gras. On pouvait manger autant de viande, de poulet, de poisson et d’œufs qu’on voulait, ainsi que beaucoup de légumes et un peu de fromage, et même consommer des gras saturés.

La collectivité autochtone a trouvé l’idée révolutionnaire. Leurs ancêtres avaient mangé de cette façon il y a des générations, mais, comme le reste du Canada, la collectivité est devenue victime de l’attrait de la malbouffe.

Le régime a fait merveille. Peu de temps après, les gens participant à l’étude ont commencé à perdre du poids et les diabétiques ont pu mieux contrôler leur glycémie et diminuer leur prise de médicaments pour le diabète ou l’arrêter complètement.

Quatre-vingt-six personnes ont participé officiellement à l’étude, mais beaucoup d’autres y ont pris part par intérêt personnel. « Lors de l’étude, il y a eu un effet d’entraînement considérable et de nombreuses personnes ont adopté ce régime même si elles ne participaient pas à l’étude », dit Jay.

Jay souffre lui-même du diabète de type 2 et a suivi son propre régime qui a donné d’excellents résultats. Après seulement quelques jours, sa glycémie et sa tension artérielle étaient retournées à des niveaux normaux, et il dit les avoir maintenues au même niveau depuis sans avoir à prendre de médicaments. Il mange beaucoup de viande, de fruits de mer et de légumes et ne s’en fait pas pour le gras du bacon ou du fromage. Il évite simplement de manger du sucre et des féculents.

« Il arrive très rarement que je me retrouve dans une situation où je ne peux rien manger. »

Une approche thérapeutique

Jay faisait partie d’un programme d’échange de deux ans à l’Université de la Colombie-Britannique lorsqu’il a lancé son étude qui est maintenant bien connue.

Médecin de famille au départ, il s’est retrouvé dans le domaine de la santé publique, occupant un poste de directeur adjoint du secteur chargé des maladies transmises sexuellement au Centre d’épidémiologie de la Colombie-Britannique, avant d’obtenir un poste à Santé Canada en 1990.

Maintenant qu’il travaille à la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits de Santé Canada, il se dit à l’aise d’utiliser ce régime pour la perte de poids, particulièrement pour des cas de résistance à l’insuline, même s’il n’y a pas encore suffisamment de preuves pour le recommander à tous.

« Je cherche des populations qui ne sont pas en santé. Je considère ce régime comme une approche thérapeutique à la résistance à l’insuline. J’essaie de rendre cette option aussi valable que d’autres approches. »


  • Suivant : Suzanne Tylko dit : « J’ai une excellente compréhension de la manière dont se comporte le corps humain et de la façon dont les forces et les accélérations ont une incidence sur le corps. L’ensemble de ces connaissances m’aide à effectuer un très bon travail. »
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