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 Semra GulderProfil : Semra Gulder

Une chercheuse facilite l'intercommunication entre militaires, policiers et premiers intervenants

Semra Gulder règle les problèmes. Son dernier défi consistait à aider son client, la Défense nationale, à résoudre certains problèmes de compatibilité survenant quand vient le moment de communiquer avec ses partenaires.

Semra est chercheuse en réseaux informatiques au Centre de recherches sur les communications Canada (CRC), un organisme d’Industrie Canada. En tant que laboratoire principal de recherche et de développement du gouvernement canadien dans le domaine des télécommunications de pointe, le CRC offre son expertise aux clients gouvernementaux de secteurs tels que la Défense nationale et la Sécurité publique.

Semra dirige un groupe de recherche chargé de trouver des solutions technologiques visant à améliorer l’interopérabilité sur deux fronts, soit celui des Forces canadiennes, pour qu’elles puissent communiquer avec leurs partenaires de coalition, soit celui des premiers intervenants, dont l’armée, pour qu’ils arrivent à communiquer entre eux en situation d’urgence. Les premiers intervenants sont les premiers membres du personnel d'urgence à être appelés en situation de crise, telle celle d'un accident.

Communication vitale

À l’heure actuelle, les systèmes de communication militaires de la plupart des pays ne peuvent intercommuniquer en raison de normes de communication et de cryptage souvent incompatibles, de politiques divergentes ou d’appareils provenant de fabricants distincts.

« Les partenaires de la coalition achètent leurs équipements de fournisseurs domestiques afin de soutenir l’économie nationale. De plus, ils utilisent les protocoles qui répondent le plus à leurs besoins, explique Semra. Ce qui fait qu’au cours d’une mission multinationale telle que celle effectuée en Afghanistan, les partenaires de la coalition n’arrivent pas à communiquer entre eux en utilisant leur propre équipement. »

« Je pense que le véritable tournant
a été d'arriver à faire s'entendre
divers organismes sur l'idée
d'utiliser un moyen de communication
normalisé lorsqu'ils ont à travailler
ensemble. »

« On retrouve le même problème chez les premiers intervenants en situation d’urgence, ajoute-t-elle. Ceux-ci achètent leur équipement selon leur budget, leur besoin de moderniser ou en fonction de leurs exigences propres. Tous ces facteurs contribuent à l’incompatibilité des dispositifs de communications des pays ou organismes. »

Au cours d’une mission de coalition telle que celle effectuée en Afghanistan, c’est au pays dominant ou à l’OTAN qu’il revient de distribuer les outils de communication. Cette façon de procéder peut soulever à son tour d’autres difficultés.

« Il existe une courbe d’apprentissage correspondant au temps que les partenaires de la coalition mettent à se familiariser avec le nouvel équipement  », déclare Semra.

La situation est similaire plus près de chez nous alors que les premiers intervenants de chaque côté de la frontière canado-américaine doivent transporter avec eux la radio de l’autre équipe afin de pouvoir communiquer. Si une situation d’urgence implique davantage d’organismes, les premiers intervenants risquent d’avoir à transporter autant d’appareils.

Ouvrir les barrières de l’information

« Afin de résoudre ce problème, l’OTAN élabore de nouvelles normes qui permettront aux pays d’utiliser leur propre équipement, mentionne Semra. Ce qui signifie qu’il faudra concevoir une passerelle ou boîte de transmission entre réseaux pour convertir le système d’un pays aux normes de l’OTAN. Je travaille avec mon équipe à concevoir une telle boîte pour l’armée canadienne dans le cadre de sa contribution à l’OTAN. »

Celle-ci apportera une solution aux fréquents problèmes de communication avec les pays membres de l’OTAN, comme lorsqu’il s’agit d’assurer la liaison vocale, le couplage des systèmes de courrier électronique ou des outils de perception de la situation. La boîte peut également servir à faciliter l’interopérabilité parmi un grand nombre d’organismes au pays ou à l’étranger, dont l’armée, les forces aériennes, la marine et les premiers intervenants.

Semra Gulder

Répartiteur numérique

L’équipe de Semra s’efforce également de trouver une façon de canaliser différentes fréquences radio en langage numérique afin que les dispositifs de communication vocaux puissent fonctionner entre eux.

Le système en voie d’élaboration transforme les ondes de radio reçues en information numérique pour ensuite les relayer au bon endroit à travers un réseau. À l’inverse, il peut également permettre aux usagers de téléphones portables ou du service de communication vocale sur protocole Internet (VoIP) de communiquer avec des gens utilisant des radios.

Et il peut aussi servir à pouvoir communiquer avec des groupes utilisant des fréquences radio différentes, comme c’est souvent le cas pour la police, les services ambulanciers ou les services d’incendie.

« Le projet auquel la Gendarmerie royale du Canada prend maintenant parti pourrait s’étendre dans le futur à d’autres forces policières ou à d’autres organismes de sécurité publique », déclare Semra.

Vaincre les difficultés

« La principale difficulté était d’intégrer les composantes, les protocoles et les systèmes d’exploitation de plusieurs fabricants distincts et d’arriver à les faire fonctionner ensemble, soutient Semra. Je pense que le véritable tournant a été d’arriver à faire s’entendre divers organismes sur l’idée d’utiliser un moyen de communication normalisé lorsqu’ils ont à travailler ensemble. »

Un milieu de travail positif

Semra est reconnaissante envers le CRC, son employeur depuis près de deux décennies, de lui avoir offert la flexibilité lui permettant de concilier carrière et études. Alors qu’elle travaillait à temps plein, elle a ainsi pu obtenir un baccalauréat en sciences et une maîtrise en mathématiques de l’université de Carleton.


  • Suivant : Gregory Leng dit : « Aucun outil à l'échelle mondiale ne permet d'effectuer une analyse aussi compléte. »
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