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 Shawn RobinsonProfil : Shawn Robinson

Un chercheur étudie la génération prochaine d'aquaculture

« La société exige davantage l’emploi de méthodes durables pour nous procurer notre nourriture », déclare Shawn Robinson, chercheur scientifique à Pêches et Océans Canada (MPO) dans la Station biologique de St. Andrews et professeur auxiliaire à l’Université du Nouveau-Brunswick (UNB).

Il y a huit ans, un salmoniculteur a piqué la curiosité de Shawn quant à l’aquaculture durable en lui demandant s’il pouvait ajouter des moules à son établissement d’exploitation. Les moules réduiraient une partie des déchets, comme la nourriture non consommée par les saumons. De plus, elles pourraient être pêchées et mises en marché.

C’est cette demande qui a incité Shawn à suivre une voie qui l’a mené à ses fonctions actuelles. Il est coresponsable - avec le professeur Thierry Chopin (UNB) - du projet d’aquaculture multi-trophique intégrée, qui consiste à effectuer des recherches avant-gardistes dans le domaine de l’aquaculture. Cette première tentative au Canada est en train de révolutionner l’industrie.

Un type de recyclage

L’aquaculture multi-trophique est un type d’aquaculture qui a recours à des espèces issues de différents profils nutritionnels ou trophiques pour instaurer un écosystème semi-naturel. Leurs matières sont recyclées en nourriture ou en fertilisant à l’usage d’une autre espèce, comme pour l’élevage combiné du saumon et des moules qui favorise une aquaculture plus équilibrée. Si vous ajoutez des algues, qui se servent des déchets comme fertilisant et qui peuvent aussi être mises en marché, vous obtenez un meilleur environnement durable et vous augmentez la stabilité économique.

« J'apprécie les gens
avec qui je travaille. Je bénéficie
sur une base quotidienne de leur
intelligence et de leur enthousiasme,
qu'ils soient des scientifiques chevronnés
ou des étudiants diplômés. »

« En somme, c’est un type de recyclage, précise Shawn. Nous étudions les possibilités de créer des écosystèmes où l’énergie, employée au commencement de la chaîne alimentaire se trouve récupérée, à différents niveaux, par d’autres éléments de ce microsystème. Nous recréons l’environnement naturel en imitant Dame Nature. »

« La solution pour créer une aquaculture durable, c’est de comprendre les mécanismes responsables du succès de la coexistence entre l’homme et la nature  », poursuit Shawn.

« Nous découvrons tout un système rétroactif. Par exemple, nous avons appris que les moules n’ont pas seulement la capacité d’éliminer les nutriments, mais de soigner, en partie, quelques-unes des maladies dont les saumons sont atteints. »

Des politiques progressives

 Shawn Robinson

« Cette heureuse combinaison représente la prochaine génération d’aquaculture  », affirme Shawn.

« Dans la baie de Fundy, même si seulement 40 p. 100 des piscicultures de saumon produisent uniquement des moules et des algues - ces dernières sont les deux premières récoltes que nous étudions - il est probable, que nous engrangerons 30 millions de dollars en revenus supplémentaires, et ce, sans la commercialisation sélective. Ce montant correspond uniquement à la vente de produits selon les prix en vigueur. De plus, 30 millions de dollars pour n’importe quelle petite communauté représentent une relance économique considérable! »

D’après Shawn, le Canada est un chef de file dans le domaine de l’aquaculture multi-trophique en haute mer. Les initiatives du Canada s’avèrent fructueuses tant ses politiques suivent de près la recherche scientifique. Un grand nombre d’autres pays, dont ceux qui investissent considérablement dans l’aquaculture, sont limités par leur propre réglementation, cette dernière ne permettant pas l’élevage de multiples espèces dans un même établissement d’exploitation.

« Ils perçoivent l’aquaculture du point de vue de la monoculture, explique Shawn. Toutefois, les monocultures sont uniquement un produit de votre imagination. D’autres espèces vont s’y établir, que vous le vouliez ou non. Il vaut mieux s’y adapter au lieu de les combattre. »

Shawn mentionne que nos politiques reconnaissent les bienfaits des interrelations écologiques : « c’est une des raisons qui expliquent notre niveau élevé de connaissances en la matière. »

Améliorer les contextes environnementaux et économiques

Notre chercheur est heureux d’être confronté à un dilemme environnemental majeur : faire de l’aquaculture à la fois écologiquement convivial et commercialement rentable.

« Je suis à l’emploi du MPO depuis près de 20 ans, et je ne voudrais pas être ailleurs. Mon œuvre me survivra, ajoute-t-il. J’apprécie les gens avec qui je travaille. Je bénéficie sur une base quotidienne de leur intelligence et de leur enthousiasme, qu’ils soient des scientifiques chevronnés ou des étudiants diplômés. »


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